L’éco-conception, le cradle to cradle (c2c), l’analyse du cycle de vie (ACV), autant de concepts et d’outils performants pour concevoir des produits et des services plus respectueux de la planète et de ses habitants. En février, aux alter mardi du groupe SOS, avait lieu un débat sur le thème du cradle to cradle vers un monde sans déchet. On a pu notamment y écouter des consultants spécialisés dans ces domaines, mais aussi des responsable de sociétés industrielles qui racontait leur expérience. De belles actions sont mises en place pour penser le produit comme un déchet pour servir lui-même de nutriment à la fabrication de nouveaux produits équivalents. Avec un intérêt pour l’industriel qui récupère ses produits à la fin de leur durée de vie et qui en réutilise une partie en tant que matière première gratuite dans sa production. Ici on se base sur ce que la nature a toujours fait avec ses « déchets », c’est à dire les considérer comme nutriments pour alimenter la croissance de nouveaux êtres.

Il y a tant de secteurs industriels dont nous aurons encore besoin prochainement qu’il est certain que la meilleure des manières de parvenir à une réduction de la part de nos déchets « non-réutilisables » est de travailler main dans la main pour qu’industriels, responsables du développement durable et politiques arrivent à implémenter des solutions d’avenir.

Un des problèmes significatifs de la production de déchets est le problème des emballages et sur-emballages. Je suis encore choqué par le nombre d’emballages que nous sommes parfois forcés d’acheter. Allant souvent en Allemagne, je m’étonne que les mêmes marques présentes en France, se déshabillent dans les magasins outre-Rhin. Je pense aux yaourts, toujours disponibles individuellement, aux tubes de dentifrice jamais sur-emballés dans une boîte en carton. La France est encore en quête de sens dans ce domaine. On aime bien que notre produit soit « protégé » et peu d’enseignes ou marques se soucient vraiment de cette question chez nous.
Il ne faut pas oublier que le meilleur moyen d’être éco-citoyen reste encore de ne pas consommer du tout. J’entends par là qu’on peut très bien décider de ne plus consommer de dentifrice sur-emballé par exemple. Cela ne signifie pas pour autant que nous allons nous replier dans une grotte avec une bougie, tel que le décroissant est encore décrié dans notre société actuelle.

Étant mon domaine d’activité, je peux affirmer que le désencombrement est une manière radicale de ne pas créer de déchets. Quand nous avons réalisé ce que nous sommes capables d’accumuler, nous y réfléchissons à deux fois avant d’aller utiliser à nouveau ces cartes bancaires qui anesthésient complètement la sensation de donner de l’argent. Je ne dis pas que donner de l’argent signifie s’appauvrir. L’échange est riche, acheter un produit est enrichissant pour les deux parties tant que l’on n’achète pas des produits qui coûtent plus à la planète qu’il ne nous apportent.

Et puis lorsque que vous rentrez chez vous avec des sacs pleins, vous vous poserez sûrement la question de savoir ce que ces sacs contiennent réellement, et quel pourcentage va directement aller à la poubelle. Le sac plastique en est le pire exemple avec une durée d’utilisation moyenne de 20 minutes en France (sur 250 ans de vie). Je re-cite l’Allemagne pour montrer la force d’un questionnement radical, car cette statistique n’existe pas là-bas vu que les sacs plastiques y ont été abandonnés depuis si longtemps qu’ils ne sont même plus dans la culture. Les enfants qui naissent en Allemagne aujourd’hui ont des parents qui n’ont connu les sacs plastiques que dans les boutiques « chiques ».

Autre avantage du désencombrement, l’énergie qui a servi à produire les objets que nous stockons inutilement n’est plus gâchée si l’objet en question est réinjecté dans le circuit, et ce grâce à de multiples initiatives. Là aussi le meilleur moyen de ne pas produire de déchet est de se poser les bonnes questions de savoir comment l’objet va pouvoir être réutilisé dans sa forme première sans aucune modification. Le don est donc une forme très avancé de gestion des déchets.

Enfin je voulais terminer sur l’aspect écologique de certains produits dans le commerce de par leur… packaging! Eh oui un produit dans un beau carton kraft paraît moins nocif pour l’environnement qu’un produit non-emballé. Dans une exposition de vélos, j’ai vu un nouveau fabriquant d’accessoires de vélo dont les cadenas sont vendus dans une alvéole de la même matières que les boîtes d’œuf. On n’a pas besoin d’emballage là! Tout ça en plus pour protéger un objet qui va endurer des chocs et des intempéries. Certes, l’ensemble ne manquait pas d’esthétique et remplissait pleinement sa fonction de catalyseur de ventes.

A nous consommateur de faire la différence, le plus bio n’est pas d’acheter du bio, mais de ne pas acheter du tout. Adapter l’idée de ne pas acheter à sa consommation quotidienne,  demande de décomposer, d’éclater le produit, comme le font les acheteurs professionnels.
Exemple: Je veux manger une pomme pour ma collation de 4 heures.
Ai-je besoin de l’acheter surgelée pour la consommer plus tard? Non je l’achèterai à sa saison et la consommerai rapidement.
Ai-je besoin de l’acheter dans une barquette plastifiée? Non, je n’ai pas besoin du sur-emballage, la peau de la pomme a mis des millions d’années pour se développer et en plus de protéger parfaitement sa chair, elle devient un nutriment pour la terre.
Ai-je besoin de prendre un sac plastique pour la transporter? Non, je la prends telle que, si possible dans un magasin où la pesée se fait en caisse, ce qui permet d’économiser l’impression de vignettes auto-collantes.

Acheter cette pomme issue de l’agriculture biologique, c’est juste la cerise sur le gâteau.

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