Archives de la catégorie Désencombrement

...Oui je sais c’est un peu galère de commencer ce genre d’article.  Il y a ceux qui pensent tomber sur un article érotique, ou sur de la lingerie bio-équitable, ceux qui voient un nouveau président aux balcons de l’Élysée, ou encore les sportifs qui voient leur club arborer fièrement une quelconque coupe sur un balcon d’hôtel de ville. Non rien de tout ça et si je parle de galère c’est bien parce que nous sommes en présence de rameurs. Rameurs d’appartement certes, mais tout de même de rameurs. Ce post aurait aussi bien sa place au début de l’année et à l’heure des grandes résolutions. Ha! Oui nous y voilà! Je pense que pour une fois tout le monde arrivera à me suivre et à comprendre le lien entre un rameur d’appartement et un balcon.

J’ai mené une étude sociologique poussée avant de me livrer à vous. J’ai donc comptabilisé le nombre total* de balcons dans le quartier de Bercy à Paris car les balcons y sont assez larges et servent de fourre-tout. N’y voyez là aucun lien avec la proximité du ministère des finances. Puis j’ai compté le nombre de rameurs d’appartement qui s’y reposaient, eh bien figurez-vous qu’il y en a pas mal quand même**!  Ok, je suis à la limite journalistique là. C’est comme de dire une bande de jeunes a brûlé une voiture hier soir en montrant des images d’une cité HLM le lendemain en banlieue et une ou deux personnes entre 13 et 18 ans portants un sweat-capuche et traversant la route à ce moment là. On demanderait au peuple de trouver les coupables, ce serait eux qu’on arrêterait. Donc pas d’a priori sur Bercy, métaphore journalistique comprise. Simplement essayons de comprendre le syndrome du rameur d’appartement sur le balcon.

La principale caractéristique du marché du rameur d’appartement, c’est qu’il est vendu la plupart du temps neuf, ce qui veut dire qu’il y en a de plus en plus. Et donc de plus en plus sur les balcons. Aujourd’hui j’ai confiance dans le web 2.0 pour pallier ce phénomène, web qui permet la convergence entre les individus et qui permet presque toujours de trouver un acheteur sur le second marché, comprenez le marché de l’occasion. Décidément Bercy nous fait perdre les pédales. (Oui les vélos d’appartement aussi sont concernés par ce syndrome, mais ne pédalons pas dans la choucroute). Il y a aujourd’hui une myriade de rameurs d’appartement pour 20 euros dans les petites annonces, inutile de citer les sites qui ont déjà droit de cité, vous les trouverez. L’avantage c’est que vu que vous lui réserverez probablement la même fin de vie, vous ne perdrez que 20 euros au lieu de plusieurs centaines.  Autre moyen, consommer collaborativement, et par exemple si vous êtes à Paris le 17 avril, venez voir.

Ensuite vous extrapolez ce raisonnement à tous les biens que vous possédez et dont vous ne vous servez pas plus d’une heure par semaine. Exemple pour un ménage d’une personne, le lave-linge, j’en possède un et je vis seul donc je suis bien placé pour en parler. Partagez-le. Un autre exemple pourrait être une partie d’un bien que vous possédez ou encore la variante du bien que vous possédez. Par exemple s’acheter une grosse voiture, la version break ou monospace parce que 2 fois par an on est 4 dedans avec pleins de bagages, ça peut être une source de nuisances autant financières que routières ou les deux pour son propriétaire ou son utilisateur ou les deux.

Prochainement je proposerai des clichés de rameurs sur balcons, à la fois symboles de la bonne résolution et du besoin de posséder jusqu’à s’en pourrir la vie et celle des autres.

*Chiffre purement spéculatif et non disponible
** Idem

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Possédez-vous un cash-vaisselle? Non? Allez réfléchissez un peu, vous êtes sûr? Je pense que nous aimons bien avoir à faire à des cash-vaisselleS. En effet, un exemple en est le lave-vaisselle, celui qui lave aujourd’hui environ 14 couverts avec moins d’eau qu’il ne faut pour faire fonctionner votre chasse d’eau. Qui serait prêt à laver 14 couverts dans 6.5 litres d’eau (rinçage compris)? En fait pas grand monde je pense, car ça nous dégouterait de voir le niveau de saleté de l’eau avec lequel on laverait et rincerait nos assiettes. Cependant j’approuve à 100% ces électroménagers de plus en plus écologiques. Je dis simplement que nous nous voilons un peu la face, ce serait moins hypocrite de faire la vaisselle à la main avec la même quantité d’eau, non? On ne préfère pas savoir ce qui se passe à l’intérieur. Quand le côté esthétique prime sur le côté pratique, ça s’appelle la mode il me semble.
Un deuxième exemple en est la carte de crédit,  plastic money (ironiquement le Canada vient de mettre sur le marché des billets en plastique), elle nous permet de ne pas voir ce qui se passe dans nos économies, on ne voit pas le cash être dépensé et par conséquent la pilule passe mieux. Enfin, pour ceux qui achètent compulsivement, c’est la panacée, car nulle besoin de prévoir ses dépenses; on a toujours notre carte sur nous qui nous permet théoriquement de dépenser tout notre argent et à tout moment. L’immédiateté façonnée par notre société actuelle. Si nous devions aller chercher des billets à la banque, nous ferions beaucoup moins d’achat impulsifs.
Un après-midi j’avais faim, et au lieu de m’acheter une collation, je me suis acheté je ne sais plus quoi, un quelconque objet, eh bien devinez quoi, je ne ressentis plus la faim après mon achat compulsif. En ce moment je n’ai pas de CB, suite à un vol, je dois donc prévoir ce que je vais dépenser, et ne pourrais pas craquer sur un article de mode ou autre. Je le sais avant de partir. On peut aussi aller faire du shopping sans sa carte (si si!), du coup si on a encore envie de l’article le lendemain, on y retourne avec sa carte. Et vu que la plupart des achats sont compulsifs, on n’y retourne guère. C’est une bonne technique je trouve. Pour comprendre notre dépendance à la carte bancaire, je vous invite à lire le petit ouvrage de Sioux Berger « Etre heureux sans carte bancaire » qui m’a bien plu.

OK, douteux de faire le lien entre carte bancaire et lave vaisselle, mais à mon sens ils fonctionnent tout deux selon le principe d’une boîte noire. On occulte la réalité pour ne pas savoir. Pourvu que ça dure.

Le lave vaisselle est une cache-machine ou un cache-vaisselle, la CB une cache machine à cash machine.

L’éco-conception, le cradle to cradle (c2c), l’analyse du cycle de vie (ACV), autant de concepts et d’outils performants pour concevoir des produits et des services plus respectueux de la planète et de ses habitants. En février, aux alter mardi du groupe SOS, avait lieu un débat sur le thème du cradle to cradle vers un monde sans déchet. On a pu notamment y écouter des consultants spécialisés dans ces domaines, mais aussi des responsable de sociétés industrielles qui racontait leur expérience. De belles actions sont mises en place pour penser le produit comme un déchet pour servir lui-même de nutriment à la fabrication de nouveaux produits équivalents. Avec un intérêt pour l’industriel qui récupère ses produits à la fin de leur durée de vie et qui en réutilise une partie en tant que matière première gratuite dans sa production. Ici on se base sur ce que la nature a toujours fait avec ses « déchets », c’est à dire les considérer comme nutriments pour alimenter la croissance de nouveaux êtres.

Il y a tant de secteurs industriels dont nous aurons encore besoin prochainement qu’il est certain que la meilleure des manières de parvenir à une réduction de la part de nos déchets « non-réutilisables » est de travailler main dans la main pour qu’industriels, responsables du développement durable et politiques arrivent à implémenter des solutions d’avenir.

Un des problèmes significatifs de la production de déchets est le problème des emballages et sur-emballages. Je suis encore choqué par le nombre d’emballages que nous sommes parfois forcés d’acheter. Allant souvent en Allemagne, je m’étonne que les mêmes marques présentes en France, se déshabillent dans les magasins outre-Rhin. Je pense aux yaourts, toujours disponibles individuellement, aux tubes de dentifrice jamais sur-emballés dans une boîte en carton. La France est encore en quête de sens dans ce domaine. On aime bien que notre produit soit « protégé » et peu d’enseignes ou marques se soucient vraiment de cette question chez nous.
Il ne faut pas oublier que le meilleur moyen d’être éco-citoyen reste encore de ne pas consommer du tout. J’entends par là qu’on peut très bien décider de ne plus consommer de dentifrice sur-emballé par exemple. Cela ne signifie pas pour autant que nous allons nous replier dans une grotte avec une bougie, tel que le décroissant est encore décrié dans notre société actuelle.

Étant mon domaine d’activité, je peux affirmer que le désencombrement est une manière radicale de ne pas créer de déchets. Quand nous avons réalisé ce que nous sommes capables d’accumuler, nous y réfléchissons à deux fois avant d’aller utiliser à nouveau ces cartes bancaires qui anesthésient complètement la sensation de donner de l’argent. Je ne dis pas que donner de l’argent signifie s’appauvrir. L’échange est riche, acheter un produit est enrichissant pour les deux parties tant que l’on n’achète pas des produits qui coûtent plus à la planète qu’il ne nous apportent.

Et puis lorsque que vous rentrez chez vous avec des sacs pleins, vous vous poserez sûrement la question de savoir ce que ces sacs contiennent réellement, et quel pourcentage va directement aller à la poubelle. Le sac plastique en est le pire exemple avec une durée d’utilisation moyenne de 20 minutes en France (sur 250 ans de vie). Je re-cite l’Allemagne pour montrer la force d’un questionnement radical, car cette statistique n’existe pas là-bas vu que les sacs plastiques y ont été abandonnés depuis si longtemps qu’ils ne sont même plus dans la culture. Les enfants qui naissent en Allemagne aujourd’hui ont des parents qui n’ont connu les sacs plastiques que dans les boutiques « chiques ».

Autre avantage du désencombrement, l’énergie qui a servi à produire les objets que nous stockons inutilement n’est plus gâchée si l’objet en question est réinjecté dans le circuit, et ce grâce à de multiples initiatives. Là aussi le meilleur moyen de ne pas produire de déchet est de se poser les bonnes questions de savoir comment l’objet va pouvoir être réutilisé dans sa forme première sans aucune modification. Le don est donc une forme très avancé de gestion des déchets.

Enfin je voulais terminer sur l’aspect écologique de certains produits dans le commerce de par leur… packaging! Eh oui un produit dans un beau carton kraft paraît moins nocif pour l’environnement qu’un produit non-emballé. Dans une exposition de vélos, j’ai vu un nouveau fabriquant d’accessoires de vélo dont les cadenas sont vendus dans une alvéole de la même matières que les boîtes d’œuf. On n’a pas besoin d’emballage là! Tout ça en plus pour protéger un objet qui va endurer des chocs et des intempéries. Certes, l’ensemble ne manquait pas d’esthétique et remplissait pleinement sa fonction de catalyseur de ventes.

A nous consommateur de faire la différence, le plus bio n’est pas d’acheter du bio, mais de ne pas acheter du tout. Adapter l’idée de ne pas acheter à sa consommation quotidienne,  demande de décomposer, d’éclater le produit, comme le font les acheteurs professionnels.
Exemple: Je veux manger une pomme pour ma collation de 4 heures.
Ai-je besoin de l’acheter surgelée pour la consommer plus tard? Non je l’achèterai à sa saison et la consommerai rapidement.
Ai-je besoin de l’acheter dans une barquette plastifiée? Non, je n’ai pas besoin du sur-emballage, la peau de la pomme a mis des millions d’années pour se développer et en plus de protéger parfaitement sa chair, elle devient un nutriment pour la terre.
Ai-je besoin de prendre un sac plastique pour la transporter? Non, je la prends telle que, si possible dans un magasin où la pesée se fait en caisse, ce qui permet d’économiser l’impression de vignettes auto-collantes.

Acheter cette pomme issue de l’agriculture biologique, c’est juste la cerise sur le gâteau.