Archives de la catégorie Ils sont beaux, ils sont forts

Ça y est, ils entrent en coulisses, déjà nus, ils se retrouvent là, sans trop le vouloir. Dispersés mais à une distance respectable les uns des autres, ils s’ignorent, plus ou moins passivement. Il n’entreront dans l’arène que le moment voulu. Ils le savent, mais le glas ne retentit pas encore. C’est que les éléments ne se prêtent guère à cette réunion au sommet. On veut bien se défier, se confronter, mais il y a un temps pour tout. Même pour l’affrontement.

Pendant une certain période, d’une durée tacitement reconductible, ils auront la possibilité de se jauger, de s’interroger mutuellement avec une certaine connivence. Sans pour autant laisser la place à des alliances improbables d’ailleurs impossibles, ils restent, là, avec un flegme digne de ces félins préméditant une de leur ruse. En observant la scène de loin on ne sent pas la tension qui commence à naître de cette attente, on n’a que trop peur d’imaginer ce qu’il va se passer, pis, on a un réel doute qu’il se passe vraiment quelque chose. Et les éléments de continuer à jouer les troubles-fêtes. On restera là un certain temps, après il sera trop tard, car si ce doute germe dans leur esprit, il nous fera rebrousser chemin.
Simple spectateur avec peut-être son rôle à jouer, je pense que je vais rester encore un peu plus, attendre le premier brave.

Jeudi 21 juin 2012, 16h30, il pleut des cordes, des musiciens, des spectateurs doutent encore

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Changer. Change-toi toi-même, entend-on par ici, change-toi pour changer le monde entend-on par là. En ces périodes électorales et électoralistes, le peuple ainsi que l’élite rêvent chacun à leur (modeste) niveau de changement. Rêver c’est déjà bien.

Nicolas Sarkozy, annonce le 7 juin 99 à la télévision qu’il est contre la taxe Tobin, parce que « la France risquerait de se retrouver seule à la mettre en oeuvre » et que dans un monde globalisé, « nous le paierions de dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires ». La séquence tirée d’une soirée débat avec Robert Hue est montrée dans le journal d’Arte du 09.01.12 et retransmise dans le zapping de Canal+ le 10.01.2012.

La zapping de Canal+ du 10 janvier 2012

Certes, Nicolas Sarkozy n’a à ma connaissance pas déclaré publiquement avoir changé d’opinion à ce sujet, ce qui à mon humble avis est tout à son désavantage. S’il avait admis avoir CHANGE d’avis, j’aurais vu là quelque chose de noble. Le déni avec lequel il se donne aujourd’hui corps et âme à la cause, tentant d’emporter avec lui son « couple » merkosien, ne manquera pas de lasser certains électeurs.

Cependant, j’éprouve un certain agacement de voir la façon avec laquelle le prisme médiatique peut faire preuve du même immobilisme que celui qu’il combat. Il s’est écoulé 11 années entre, ce que par provocation nous appellerons la période bleue (contre la taxe Tobin) et la période rose (pour). Pourquoi est-il impossible de se représenter qu’une personne puisse changer d’avis en 11 ans? Je ne nie pas ici qu’il puisse s’agir d’une manoeuvre électoraliste, néanmoins il paraît bien difficile de changer, pusse-t-on en avoir la volonté. Ce qui nous empêche de changer vient parfois des personnes mêmes qui appelent au changement. Sarkozy aura-t-il pensé que reconnaître qu’il a changé d’avis constituât l’aveu d’une faute, d’une erreur? L’appareil médiatique, au couperet tant affûté, se trompe en abondant dans le sens que changer d’avis implique la reconnaissance d’une faute antérieure.

Quand Picasso est passé de la période bleue à la période rose, a-t-il pensé qu’il s’était trompé avec sa période bleue? Pendant que la critique criait au génie sans juger du pourquoi de ce CHANGEMENT, combien sur la scène politique se sont fait taxer d’opportunisme pour des revirements équivalents? La comparaison s’arrête ici, là ou l’art n’a pas besoin de raisons, la politique est en crise, et le déni de Sarkozy n’en ai que plus dommage. Ça aurait pu être une agréable leçon d’humilité, quelque chose de nouveau venant de la personne, une autre source de changement si je puis dire. Mais j’accueille le changement d’avis de Sarkozy tel qu’il se présente et ne pense pas qu’à l’instar de Picasso il se soit « trompé » antérieurement. Qu’il pense rose, puisse cela lui paraître plus fun aujourd’hui!

Tim Lewis est un jeune gallois de 22 ans qui a décidé de se débarrasser de tous ses objets inutiles. Il est arrivé à un niveau exceptionnellement bas de 76 objets essentiels. Une démarche qui fait des émules notamment depuis la création du site becomingminimalist de Joshua Becker.

Comme un nombre croissant de minimalistes, Tim Lewis met en avant que ce mouvement n’est pas seulement un moyen de désencombrer sa maison, mais que c’est aussi un moyen de se désencombrer spirituellement et de réduire le stress résultant d’une consommation excessive.

A l’heure d’une crise économique dont la seule issue a l’air d’être la reprise de la croissance, les initiatives se multiplient pour consommer moins, et mieux ajouterais-je, de quoi faire revoir leur copie à nos politiques dont encore si peu parlent de croissance zéro ou de décroissance.  Malgré le fait indéniable que la terre ne pourra indéfiniment fournir les matières premières aux économies de croissance, les politiques de la croissance ont encore de beaux jours devant eux.

Je trouve cela beau quand on demande autour de soi si consommer mieux évoque plutôt l’idée de consommer plus ou plutôt celle de consommer moins, la réponse est largement dans la tendance du moins. Comme quoi vivre avec moins semble permettre de vivre mieux.
Vivre mieux n’est-ce pas justement le but la politique?

Merci à Arte pour son emission yourope consacrée au minimalisme